Pierre Potier

Publié le lundi  31 août 2009
Mis à jour le mardi  5 janvier 2016 à 15h12min
par  Boivin Jean
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Biographie

Pierre Potier, né 22 août 1934, Bois-Colombes et mort le 3 février 2006, fut un pharmacien et chimiste, directeur de l’Institut de chimie des substances naturelles, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, membre de l’Académie nationale de pharmacie, de l’Académie des sciences, de l’Académie des technologies et de l’Academia Europea.

Diplômé de la Faculté de pharmacie en 1957 puis de l’Institut de chimie des substances naturelles (ICSN) de Gif-sur-Yvette, il dirigea ce même Institut de 1974 à 2000 et collabora avec Edgar Lederer, Derek Barton et Guy Ourisson.

En 1968, il perdit son épouse emportée par un cancer du sein, ce qui le poussa à faire de la recherche sur le cancer.

De juillet 1994 à juillet 1996, il occupa la fonction de directeur général de la recherche et de la technologie au ministère français de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. En 1998, il reçut la médaille d’or du CNRS.

Il était président de la Fondation de la Maison de la chimie.

Pierre Potier était officier de la légion d’Honneur.

P.POTIER
Droit à l’image : C. Marmonteil

Ses recherches avaient pour but de comprendre et d’imiter les synthèses naturelles que les plantes mettent en œuvre afin de produire des principes actifs de médicaments. Dans le cadre de ses recherches il mit au point le test à la tubuline, un test biologique simple permettant le dépistage rapide des propriétés anti-tumorales afin de sélectionner les principes actifs pouvant devenir de nouveaux médicaments.

Parmi ses découvertes, on peut citer la vinorelbine et le docétaxel, issu de l’if européen. Le docétaxel, commercialisé sous le nom de Taxotère, est devenu un des médicaments anti-cancéreux les plus utilisés dans le monde et la première source de revenus de brevets pour le CNRS.

Toute sa vie, il a voulu démontrer que la recherche publique pouvait coopérer avec l’industrie privée ; Il était persuadé que cette collaboration pouvait être profitable aux deux, chacun bénéficiant du savoir-faire et des compétences de l’autre.


Hommage de J-Y Lallemand

Président de la Fondation internationale de la Maison de la chimie
Membre de l’Académie des technologies et de l’Académie de pharmacie
Médaille d’or du CNRS
Officier de la Légion d’Honneur
Élu Correspondant de l’Académie des sciences le 3 mars 1980, puis Membre le 13 juin 1988 (section de Chimie)

Pharmacien et chimiste, Pierre Potier s’est brillamment illustré dans la découverte de médicaments. Par une étude très originale de la biosynthèse des alcaloïdes végétaux et de leurs propriétés anti-tumorales, il a apporté une contribution capitale à la thérapeutique des cancers en identifiant et en synthétisant deux molécules aujourd’hui utilisées dans le monde entier.
Ardent défenseur de la coopération entre institutions publiques et industrie privée, Pierre Potier a également occupé d’importantes fonctions dans l’organisation et l’administration de la recherche. L’Institut de chimie des substances naturelles, qu’il a dirigé à Gif-sur-Yvette, est un des joyaux de la chimie européenne.
D’esprit libre, débordant de générosité et d’humour, Pierre Potier s’était acquis l’admiration et le respect de ses pairs.

L’œuvre de Pierre Potier
Pierre Potier nous a quitté brutalement le 3 février 2006. Ce chimiste, un des plus remarquables de sa génération, était membre de l’Académie des sciences depuis 1988, et également membre de l’Académie de pharmacie, de l’Académie des technologies et de l’Academia Europaea.
Grâce à sa formation de pharmacien, sa profonde connaissance de la médecine et de la chimie et en particulier celle des produits naturels, il avait une culture générale très vaste et un regard particulièrement aigu et original sur de nombreux domaines de la Science.
La majeure partie de sa carrière s’est déroulée au sein de l’Institut de chimie des substances naturelles de Gif-sur-Yvette qu’il a dirigé de nombreuses années et dont il avait fait un magnifique outil de travail, ainsi qu’au Museum national d’histoire naturelle qu’il affectionnait particulièrement. Il était aussi Président de la Maison de la chimie qu’il a rénovée et remarquablement dynamisée. Maintes fois honoré de prix français et internationaux, il a reçu, en 1998, la plus prestigieuse distinction pour un chercheur français : la médaille d’or du CNRS. Il avait été élevé au rang d’Officier de la Légion d’honneur par le Président de la République en 2003 et était Commandeur dans l’Ordre National du Mérite.

Sa première réussite a été la découverte d’une réaction de préparation d’alcaloïdes indoliques complexes ouvrant ainsi la voie à l’obtention à grande échelle de la vinblastine, une importante molécule naturelle anticancéreuse présente dans la pervenche de Madagascar. Cette réaction lui permit ensuite de découvrir un dérivé non-naturel (et donc plus facilement brevetable), la Navelbine®, maintenant largement utilisée dans le traitement du cancer du sein et de certains types de cancers du poumon.
Au milieu des années 80, il fut le premier à proposer une hemi-synthèse d’un autre anticancéreux, le taxol. Il découvrit que l’on pouvait extraire des feuilles de l’if européen, Taxus baccata, une molécule apparentée, la désacétyl-baccatine III, et la transformer en peu d’étapes et en grandes quantités en taxol ; des dizaines de laboratoires mondiaux se sont acharnés, sans succès, à trouver une meilleure solution. Tour de force supplémentaire, il mit en évidence parmi les composés intermédiaires de cette hémi-synthèse, un composé non naturel plus actif que le taxol lui-même et présentant un spectre d’activité plus large : cette découverte conduisit au Taxotère® qui constitue actuellement le principal traitement de nombreux types de cancers. Avec un chiffre d’affaire mondial de plus de 1,5 milliard d’euros, ces deux découvertes majeures font sans doute de Pierre Potier l’un des inventeurs les plus renommés du monde académique.

Les réalisations de Pierre Potier ne se restreignent pas à ces deux découvertes. Scientifique infatigable, il est auteur de près de 460 publications, de livres et de nombreux brevets et récemment, d’avancées originales et prometteuses sur le diabète. Dans "Le Magasin du Bon Dieu", il parle de sa vie, décrit son parcours scientifique et sa motivation principale : lutter contre les maladies et la souffrance de l’homme en utilisant les ressources de la nature, avec un enthousiasme et un optimisme débordants malgré les difficiles épreuves que la vie lui avait réservées. Il y a consacré jusqu’aux derniers instants de sa vie. Son dernier message à une de ses collaboratrices a été : "Elles sont belles nos molécules, n’est-ce pas Joanna ?".
Il a aussi construit un puissant réseau de relations entre la chimie française et celle de grands pays comme les États-Unis, la Chine et le Japon. Il a également toujours aidé de nombreux pays moins développés à valoriser les ressources de leur biodiversité. Il y est très respecté et compte beaucoup d’amis dans le monde entier.

Tous ceux qui ont rencontré Pierre Potier n’oublieront jamais l’homme : chaleureux, profondément humain et attentif aux difficultés de chacun, doté d’un grand sens de l’humour et de la formule ainsi que d’une énergie exceptionnelle. C’était un "leader", truculent, pugnace et un redoutable homme d’affaires. Pionnier du développement des coopérations entre chercheurs académiques et industriels, c’est lui qui, en tant que Directeur Général de la recherche et de la technologie au Ministère de la recherche de 1994 à 1996, a défini les règles actuellement en vigueur pour le partage des bénéfices issus de brevets. Ce chercheur découvreur de molécules restera un modèle de la réussite dans le monde de la recherche.

Jean-Yves Lallemand

Le 13 avril 2006


Hommage de Marc Cherest

J’ai connu Pierre Potier au cours des années soixante à l’ICSN, mais comme nous « résidions » dans deux ailes différentes et que les échanges entre ces deux entités étaient plutôt rares, nous sommes bizarrement entrés en relation à propos de quelques bouteilles de Lalande de Pomerol qu’il faisait venir d’une propriétaire-pharmacienne de sa connaissance. Par la suite, nos relations se sont multipliées et diversifiées jusqu’à mon intégration dans son « 2ème cercle » en 1975, même si nos penchants oenophiles ont toujours tenu une place importante. Nos échanges ont connu un pic en Juin Juillet 1981, où certainement Pierre m’attribuait plus d’importance dans mon syndicat que je n’en avais réellement, puis elles sont devenues plus étroites et plus professionnelles lorsqu’il a pris seul la direction de l’ICSN en 1989.
Nos petites réunions de travail différaient nettement de celles que j’avais avec son prédécesseur, elles duraient quatre à cinq fois plus longtemps et elles commençaient souvent par un quasi monologue ou Pierre refaisait le monde, le ministère de la recherche ou le CNRS ! Il parlait aussi de ses recherches, son enthousiasme était communicatif et s’il est courant de dire que les chercheurs doutent, lui ne doutait jamais, il n’avait que des certitudes successives. Sa grande culture et sa mémoire prodigieuse m’ont toujours impressionné, son esprit était continuellement en éveil et il essayait inlassablement de relier les informations qu’il collectionnait au hasard de ses rencontres ou de ses lectures, attitude des grands chercheurs. Lorsqu’arrivait la fin du temps imparti, il nous fallait traiter en vitesse les affaires courantes !

Je ne serais pas original en disant que Pierre était un homme chaleureux, très abordable, truculent, attentionné. Qui, à l’occasion d’un petit malheur personnel ou familial, n’a pas reçu un mot manuscrit réconfortant ? Il était généreux, reconnaissant, il aimait donner. J’ai souvent pensé que dans son for intérieur il souhaitait être aimé de tous, ce qui le conduisait à difficilement pouvoir dire non lors d’arbitrage que ses responsabilités lui imposaient.

Alors que nous l’imaginions tous encore présent pour de nombreuses années, j’ai eu du mal à « accepter » ou « intégrer » sa brutale disparition.


Extrait de "Libération"

Pierre Potier, 64 ans, pharmacien et chimiste, créateur de deux médicaments antitumoraux utilisés dans le monde entier, vient de recevoir la médaille d’or du CNRS. Un ascendant sur le cancer.

GUERIN Cécile

Le petit homme replet rêve tout haut : s’avançant pour prononcer un discours, le visage rouge d’émotion d’avoir reçu la médaille d’or du CNRS (1), il brandit de sa poche un pistolet d’enfant et tire en l’air. Au regard abasourdi de Claude Allègre entouré d’éminents scientifiques, l’homme sait qu’il a marqué son auditoire. Ce coup, Pierre Potier, père de deux médicaments anticancéreux, aimerait tant le tenter le 2 décembre lors la remise de la médaille, effectuant ainsi une démonstration grandeur nature du fonctionnement biochimique du cerveau. « Une émotion déclenche tout un processus et fait sécréter des facteurs mnésiques », dit-il, émerveillé. Tout le contraire d’un tranquillisant.

Pierre Potier, sa drogue, c’est l’action. « Il en a besoin », avoue son assistante. A 64 ans, ce bouillonnant chimiste est « l’homme qui a mis deux molécules sur le marché américain », commente un collègue. Entendez, deux médicaments, la navelbine et le taxotère, distribués mondialement pour le traitement des cancers du sein et du poumon. « Accessoirement », il dirige également les 300 chercheurs de l’Institut de chimie des substances naturelles (Gif-sur-Yvette), préside la Maison de la chimie, est membre de l’Académie des sciences, donne son avis dans les commissions du CNRS. Un vrai parcours du combattant.

Plusieurs fronts. Dans sa recherche, il dit préférer l’intuition et les chemins de traverse à la logique raisonnable. « Un bon principe me guide. Quand je vois les personnes aller d’un même côté, je pars dans l’autre sens. » Ce qui lui vaut plusieurs découvertes : l’isolement de la spermidine (une molécule présente dans le sperme humain) à partir d’une plante, la monnaie-du-pape ; la « réaction de Polonovski », qui, modifiée par ses soins, sera la clé de la synthèse de la navelbine ; la naissance du taxotère, deux fois plus actif que son prédécesseur américain, le taxol. A l’encontre de la pratique thérapeutique, le chercheur croit en la polychimiothérapie. « Attaquer sur plusieurs fronts des cellules toxiques qui n’ont d’autre intérêt que de se développer et de résister, c’est évident. » La récente trithérapie pour combattre le sida confirme son intuition.

Douleurs. Le même homme interroge son enfance et les événements difficiles qui ont achevé le « câblage du cerveau ». A 6 ans, en pleine « drôle de guerre », Pierre suit le collège de Bois-Colombes transféré sur les côtes normandes. Là, il affronte les bombardements et côtoie l’injustice. Il revit la scène : des chevaux allemands retrouvés morts. L’occupant prêt à se faire justice. Le vétérinaire qui innocente les accusés en révélant l’empoisonnement accidentel des animaux avec des feuilles d’if. A son retour dans Paris occupé, l’enfant découvre l’étoile jaune de son père nourricier. A la Libération, « le plus dur était fait », explique Pierre Potier. A preuve, son parcours quasi linéaire ensuite : pharmacien à 23 ans, docteur en chimie à 26, entrée à l’institut de Gif en 1963, directeur des lieux moins de dix ans plus tard. En 1968, sa femme et mère de trois enfants, décède d’un cancer. La recherche de Pierre Potier portera désormais cette marque douloureuse.

Devant les obstacles, il redouble d’énergie. Dès la faculté, où il s’inscrit dans deux disciplines, ce qui était alors formellement interdit, Potier a appris à ne pas suivre les règlements ridicules. Du coup, il s’indigne de la retraite à 65 ans pour les directeurs de recherche. De son incursion dans l’appareil d’Etat lorsqu’il est directeur de la recherche et de la technologie de 1994 à 1996, il retient les actes de « banditisme administratif » et les « difficultés politiciennes ». « La recherche n’est ni de droite ni de gauche, elle doit être en avant », tempête celui qui affirme vouloir lutter « avec la même énergie contre les ayatollahs de droite et de gauche, qui voudraient tout détruire et surtout le CNRS ».

Entreprenant. Alors, en véritable entrepreneur, il exploite ses découvertes. Aucun des grands laboratoires ne daigne croire à la navelbine en 1979. Qu’à cela ne tienne, dix ans plus tard, il sortira le médicament avec les laboratoires Pierre Fabre, nouveaux venus dans l’oncologie. Au début des années 80, Rhône-Poulenc ne ratera pas l’aubaine du taxotère. Loin d’être impressionné par les industriels ­ « Je pourrais être à leur place et parler stock-options » ­, Potier négocie 3% de royalties sur le prix de vente du taxotère. Soit près de 75 millions de francs par an pour le CNRS, dont le quart va aux détenteurs du brevet. Grâce à cet argent, le chercheur se sent libre d’investir dans des bourses d’étude ou de parier 6 millions de francs sur un projet de recherche. Son ami, l’ex-ministre Alain Devaquet, le taquine : « Le taxotère te couvre d’argent, le CNRS te couvre d’or. » Et s’il ne croit pas que le Nobel le couvre un jour de lauriers ­ « Je ne suis pas un théoricien comme mon vieil ami Jean-Marie Lehn (Nobel de chimie en 1987, ndlr) » ­, il espère pour ses successeurs. Car l’Institut des substances naturelles, affirme-t-il d’un ton qui ne souffre pas la réplique, donne une « formation de prince ». (1) Annoncé le 14 septembre.

Les fleurs du bien. Pour freiner la prolifération des cellules cancéreuses, une solution consiste à perturber le mécanisme de la division cellulaire en bloquant le fuseau, faisceau de fibres aidant à la naissance d’une nouvelle cellule. Pour cela, on utilise des substances appelées « poisons du fuseau » qui existent à l’état naturel, telle la vinblastine, isolée de la pervenche de Madagascar, ou encore certaines molécules des feuilles d’if. Au laboratoire, le travail de Pierre Potier consiste à identifier ces poisons naturels puis à les synthétiser artificiellement en améliorant leur action thérapeutique. Ainsi, la navelbine est un médicament plus actif que la vinblastine. De même le taxotère, synthétisé à partir de l’if.


Who’s who de Pierre Potier


En savoir plus

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Un extrait du "Magasin du Bon Dieu" :

A explorer d’urgence

Au rythme actuel, la destruction de la biodiversité va considérablement plus vite que l’élaboration d’un simple inventaire. Assurément, l’étude pharmacologique des produits naturels stagne loin derrière. Dans le règne végétal, traditionnellement mieux étudié, les experts annoncent que 35 000 espèces ont un potentiel médical. Dans la recherche occidentale, seules 5 000 plantes ont été étudiées sur le plan chimique et biologique, en vue d’une application médicale. Et encore les espèces des régions tropicales restent-elles largement inexplorées du côté de la science occidentale. « Sur 12 000 espèces de plantes à Madagascar, seules 300 à 400 ont été étudiées pour leur activité pharmacologique », assure Lucile Allorge, botaniste au CNRS.

Que dire alors du monde infini des insectes, des micro organismes et des substances marines dont l’avenir thérapeutique est encore inconnu ?
Dans ce monde du vivant, ce sont rarement les grands mammifères ou les volatiles qui recèlent des vertus thérapeutiques. Au contraire, les espèces à regarder en priorité sont petites, silencieuses et souvent immobiles. Pour se protéger face à leurs ennemis plus forts ou plus rapides, elles ont patiemment emmagasiné d’habiles défenses chimiques. Pour attaquer leur proie sans bouger, elles disposent de terribles substances paralysantes ou autres cocktails attirants. S’inspirant de ces multiples armes chimiques, lentement élaborées au cours de l’Evolution, les chimistes puisent des idées, sinon de véritables médicaments qui seront utiles à l’Homme.

Cet effort de recherche ne se situe pas seulement sous les latitudes tropicales, mais aussi dans les régions méditerranéennes ou les zones semi-désertiques du Moyen-Orient. La péninsule arabe abrite 4 500 à 5 000 espèces de plantes. En 1982, un rapport de l’UNIDO intitulé « Plantes médicinales et aromatiques dans le développement industriel » révèle l’usage répandu d’extraits de plantes comme agents thérapeutiques. Les régions tempérées sont aussi de véritables mines de molécules intéressantes. Même si les flores, sous nos latitudes, sont décrites depuis longtemps et largement étudiées, il n’y a pas lieu de s’en détourner pour autant. Que dire des valeureux ifs qui ont fourni le Taxol et le Taxotère ? Ils se pavanaient sous nos yeux, au gré des vents d’ouest dans les jardins de l’Institut de chimie des substances naturelles de Gif-sur-Yvette ! Même les « simples » aux vertus précieusement transmises de génération en génération, ne doivent pas être dédaignées. Ces plantes européennes, déjà étudiées pour certaines activités pharmacologiques, n’attirent pas la foule des chercheurs. Pourtant elles méritent qu’on s’y arrête. L’exemple de l’arnica est intéressant à plus d’un titre. Toutes les familles gardent dans leur armoire à pharmacie personnelle un tube de pommade d’arnica à appliquer sur les bosses pour calmer la douleur consécutive à un petit traumatisme et éviter la bosse ! De ce remède célèbre, personne ne savait exactement ce qui était actif. Quel était le précieux principe actif de la teinture d’arnica ? La démonstration scientifique ne s’est pas fait attendre et le mécanisme d’action a été mis au jour. Après un coup, une bosse se forme, résultat d’un amas d’exsudat écoulé dans le tissu sous-cutané. Tous les phénomènes du processus de l’inflammation se déclenchent les uns après les autres. Quand on dépose de l’arnica, cela bloque immédiatement ce processus d’inflammation. En fait cette propriété est dûe à une molécule de la famille des flavones contenue dans l’arnica. Il y a vingt ans, l’étude scientifique de cette substance n’avait pas débouché sur un nouveau médicament. En effet, l’arnica demeure toxique s’il est administré par voie interne. Mais quelques années plus tard, j’ai entamé avec Pierre Girard, chercheur à l’ICSN, l’étude d’une autre flavone similaire, la quercétine. On a pu alors révéler un mécanisme biologique inédit. Cela nous a amené à penser que la quercétine jouerait un rôle préventif à l’égard des attaques cérébrales. L’arnica de notre enfance a encore bien des secrets pharmacologiques à livrer.

A la lumière des avancées scientifiques récentes, partir à la redécouverte de « vieilles » plantes pourrait sûrement déboucher sur des traitements innovants. Néanmoins, et cela se comprend, les scientifiques sont davantage motivés par des champs d’investigation inédits. Là encore, la nature les comble. 99 % de ses richesses, sur terre et sous l’eau, reste à observer. Hélas le nombre de spécialistes capables de reconnaître les espèces inédites, les identifier et les nommer se fait de plus en plus rare. Au moment où il devient urgent de dessiner les contours de la planète vivante, de jeunes cartographes de la biodiversité doivent être formés au plus vite.

Les plantes, insectes et autres créatures du globe apporteront encore des réponses pertinentes et des remèdes bienvenus à ceux qui les guettent. Le jeu en vaut la chandelle. Le marché des médicaments venus de la nature s’élève à trente milliards de dollars par an. Mais les estimations les plus folles circulent sur la valeur des remèdes qui restent à découvrir. Cent, quatre cents milliards de dollars ? Et surtout combien de malades aujourd’hui dans l’attente d’un traitement à leurs maux pourraient bénéficier des largesses de la nature ? Nul ne peut le prédire. Il est temps de se plonger dans le monde infini des plantes, faire le pas dans l’univers des insectes, pêcher les molécules au milieu des mers. Les réussites thérapeutiques du passé nous font comprendre le poids de la nature dans la pharmacie actuelle. Or, il ne s’est agi jusqu’à présent que de gravir une toute première marche. Le potentiel futur des substances naturelles est à la hauteur de la prodigieuse diversité du vivant. Infini !

Crédit photo


Article de P. Potier dans "La jaune et la rouge", La revue de la communauté polytechnicienne, 551, 2000

Les substances naturelles, source prodigieuse de médicaments

Le titre de cet article aurait prêté à sourire il y a seulement cent ans, tant le propos était, à cette époque, évident. En effet, depuis la nuit des temps, l’Homme a cherché à tirer de la Nature ce qui lui était nécessaire pour subsister, se vêtir et aussi... se soigner.
Ce sont certainement d’innombrables essais-erreurs dramatiques qui ont conduit, au fil des millénaires ou des siècles, à sélectionner, en différents endroits du monde, ce que l’on appelle, de nos jours, des médicaments.
Les Égyptiens, les Chinois, les Indiens, les peuples de Mésopotamie ont laissé quelques traces, les plus notables étant le Papyrus Ebers et certains Pen’Tsao chinois.

Il n’y aurait donc pas eu lieu, il y a cent ans, de s’ébaudir à la lecture du titre du présent article puisque, à cette époque, l’essentiel des médicaments utilisés par l’Homme pour se soigner et pour soigner les animaux provenaient de la Nature et surtout des plantes. Pourquoi les plantes et pas (ou peu) d’animaux ?
Parce qu’il est beaucoup plus facile de faire sécher des plantes qu’une méduse par exemple ; qu’il est plus facile, également, de soustraire une plante à la destruction par les moisissures ou autres dégradations en la faisant sécher à l’ombre et au chaud (grenier, claies, etc.). On peut ainsi retrouver en hiver le remède que l’on a récolté en été.

Qu’en est-il maintenant ? Après avoir connu un prodigieux développement au siècle dernier la chymie devenue la chimie est "triomphante" et, depuis les années 1880 jusqu’aux années 1940, des chimistes prestigieux et imaginatifs produisirent, par synthèse, d’innombrables molécules dont ils évaluèrent les effets biologiques et, éventuellement, thérapeutiques par des moyens pharmacologiques classiques : petits puis gros animaux. Ce furent les dérivés salicylés, dont l’aspirine (inspirés de produits naturels isolés du saule) ; les anesthésiques locaux (inspirés par la structure de la cocaïne, isolée de la coca) ; des analgésiques puissants (inspirés par la structure de la morphine, isolée de l’opium du pavot) ; des antipaludiques (inspirés par la structure de la quinine du quinquina), etc.

Mais les chimistes organiciens eurent, aussi, leur propre source d’inspiration pour synthétiser des dérivés tels que le p-acétaminophénol, analgésique encore très largement utilisé de nos jours ; les sulfamides qui révolutionnèrent le traitement de certaines maladies infectieuses (avant la Seconde Guerre mondiale). Le monde minéral n’était pas, non plus, oublié et les innombrables sels métalliques (ou combinaisons métalloïdiques) de toutes sortes furent utilisés tantôt comme médicaments, tantôt comme ... poisons (c’est la dose qui fait le poison !). L’arsenic y a occupé une place privilégiée (procès d’empoisonnements ou de sorcellerie de la Brinvilliers, de Marie Besnard, etc.).

Le mouvement de balancier qui régit le monde revint vers les produits naturels avec le développement des antibiotiques, notamment celui des pénicillines découvertes près de vingt ans plus tôt par Fleming (en fait, déjà entrevues par un médecin militaire français : Ernest Duchesne, travaillant à Lyon à la fin du XIX· siècle, découverte restée alors sans suite ... !).

Ces antibiotiques ont marqué un progrès considérable dans le traitement des maladies infectieuses : pénicillines, tétracyclines, streptomycine, chloramphénicol, céphalosporines, antibiotiques aminosidiques, etc. Tous isolés de micro-organismes qui commençaient seulement à être connus à la fin du siècle dernier. Le développement prodigieux de ces produits allongea d’au moins dix ans l’espérance de vie de l’espèce humaine ! On revint alors à d’autres substances naturelles : réserpine du rauwolfia (pour lutter contre l’hypertension) ; vincamine de la petite pervenche, alcaloïdes de diverses plantes tropicales utilisés dans le traitement de maladies cardiovasculaires, etc.

Mais, parmi les maladies non encore terrassées, figurait (et figure encore !) le cancer. Là aussi, la Nature allait être généreuse puisque de nombreux médicaments antitumoraux, actuellement utilisés, sont d’origine naturelle : dérivés de la podophyllotoxine (isolés de la podophylle utilisée depuis des lustres pour le traitement des verrues) ; dérivés des anthracyclines (isolés de micro-organismes) ; dérivés de la vinblastine (isolés de la pervenche de Madagascar) et, plus récemment, dérivés "taxoïdes" isolés de différents ifs.

Claude Bernard avait coutume de dire, lors des cours qu’il dispensait au Collège de France, à la fin du XIX· siècle : "Les médicaments sont le scalpel de la biologie."

En effet, même de nos jours, il est fréquent, sinon la règle, de découvrir des médicaments nouveaux, de les utiliser en thérapeutique et de ne révéler que beaucoup plus tard leur(s) mécanisme(s) d’action. C’est ainsi que la cyclosporine, découverte par hasard par des chercheurs tenaces et curieux de la firme suisse Sandoz (maintenant fondue avec Ciba pour former Novartis, en attendant la suite ... !) a révolutionné une grande partie de l’immunologie et, notamment, le pronostic des greffes d’organes. Mais il a fallu attendre plusieurs années avant d’avoir une idée de son mécanisme d’action. Ces études ont ainsi fait faire un "saut quantique" à l’immunologie.

Il en a été de même de beaucoup d’autres médicaments. L’un des plus anciens est la morphine et avant qu’elle n’en soit isolée, l’opium. Quelle convergence que la découverte des propriétés analgésiques de l’opium en Égypte, en Perse, en Inde, en Chine et ailleurs. On peut comprendre cela car l’homme accepte d’autant plus d’être malade qu’il ne souffre pas. Beaucoup de maladies, hélas, s’accompagnent de souffrances plus ou moins supportables. Parce que la douleur fait partie des mécanismes de survie : une analgésie complète, provoquée ou d’origine maladive, peut conduire à la mort de l’individu (autisme, etc.).

Les hommes ont donc sélectionné, au cours des millénaires, dans des pays différents (il est difficile de savoir si le processus de découverte s’est propagé le long de cette voie d’échanges qui allait de l’Égypte à la Chine en passant par le Proche puis l’Extrême- Orient) l’opium qui est le latex récolté après incision des capsules du pavot somnifère : papaver somniferum var. album (papavéracées). Ce latex, en s’oxydant à l’air, se transforme en une masse qui durcit puis devient cassante et qui constitue l’opium. À la fin du xviie siècle, un grand médecin anglais Thomas Sydenham écrivait en 1680 : « Among the remedies which it has pleased to Almighty God to give to Man to relieve his sufferings, none is so efficacious and so universal as opium ». Trois siècles plus tard, la morphine, isolée de l’opium, est toujours utilisée pour lutter contre la douleur !
Et pour illustrer la prémonition de Claude Bernard (voir plus haut) : qu’a-t-on fait de l’opium ? Utilisé longtemps sous forme d’une solution alcoolique aromatisée contenant 10% (poids/volume) d’opium, soit 1 % de morphine, appelée Laudanum de Sydenham, il soulagea d’innombrables patients ... mais, comme souvent, l’opium était aussi fumé par de nombreux toxicomanes qui rejoignaient ainsi le nirvana !
À la fin du XVIII· siècle, la chimie remplaça la chymie. Lavoisier et bien d’autres (Scheele, Priestley, etc.) y étaient pour quelque chose. On commença à avancer la notion de "principe actif" au lieu qu’une plante donnée soit vue comme possédant des propriétés mystérieuses relevant plus de la sorcellerie, de l’alchimie que de la science à peine naissante sous sa forme "moderne". On commença à penser que ces propriétés pouvaient être reliées à des substances définies : les principes actifs.

C’est ainsi qu’au tout début du XIX· siècle, Serturner, pharmacien allemand de Paderborn, Séguin, pharmacien à Paris, isolèrent la morphine qui reproduisait une partie des effets physiologiques de l’opium. Il fallut attendre près d’un siècle pour que la structure chimique de la morphine fût établie et encore un demi-siècle pour que la synthèse en fût réalisée.

Mais là ne s’arrête pas l’histoire, en effet, la pharmacologie, partie de la biologie, fit, elle aussi, beaucoup de progrès : la notion de récepteur s’affirma, ce sont des structures biologiques, membranaires, cellulaires qui reconnaissent des "ligands", substances endogènes (élaborées par le même organisme) qui, s’associant aux récepteurs présents dans le système nerveux, provoquent et amorcent la réponse biologique. Mais ces récepteurs reconnaissent aussi des ligands exogènes qui sont des molécules qui, quoique d’origine extérieure, sont reconnues.

C’est le cas de la morphine qui est reconnue par des récepteurs morphiniques ; mais les substances "morphiniques" endogènes existent aussi, ce sont, entre autres, les enképhalines pentapeptides : Tyr-Gly-Gly-Phe-Met ou Tyr-Gly¬Gly-Phe-Leu. Cette découverte des enképhalines peut être considérée comme l’une des pierres angulaires de la pharmacologie moderne. Les structuralistes établirent rapidement l’analogie qui existe entre ces peptides endogènes et la molécule de morphine.

Une histoire à peu près identique se développa avec le chanvre indien et les substances responsables de l’activité de cette drogue (exogènes), les récepteurs correspondant du système nerveux et des substances endogènes (que l’on retrouve dans le chocolat !). Le chocolat est-il une drogue douce qui mène aux autres, plus dures !

Il en est ainsi de nombreux autres médicaments souvent découverts longtemps avant de savoir comment ils agissent : même l’universelle aspirine dont l’activité a pu être reliée, près d’un siècle après sa découverte, à sa faculté d’acétyler une lysine du centre actif d’une enzyme impliquée dans le développement de phénomènes inflammatoires. De tels exemples sont très nombreux.

Des chercheurs de l’Institut de chimie des substances naturelles du CNRS à Gif-sur-Yvette que j’ai l’honneur de diriger se sont distingués dans la découverte de deux médicaments antitumoraux importants :

• la navelbine ® , développée par les Laboratoires Pierre Fabre en coopération avec d’autres laboratoires mondiaux ;

• le taxotère ® , développé par les Laboratoires Rhône-Poulenc Rorer (devenus Aventis) après leur réunion avec Hoechst.

Ces deux médicaments sont, certes, d’origine naturelle : pervenche de Madagascar, catharanthus roseus (apocynacée) pour la navelbine, if, taxus baccata (taxacées) pour le taxotère mais ils ont été modifiés par "chimiurgie" c’est-à-dire que l’art du chimiste a permis, en utilisant des réactions appropriées (ou en en inventant), de modifier une partie de la molécule naturelle afin d’obtenir des molécules plus actives que les molécules naturelles archétypes.

En fait, la navelbine et le taxotère ont été obtenus en tant que composés chimiques puis leurs propriétés antitumorales ont été mises en évidence.

Ces deux médicaments antitumoraux représentent une avancée significative en chimiothérapie des cancers, même si, malheureusement, le problème de la guérison de tous les cancers est encore à l’ordre du jour. On ne peut nier, qu’année après année, de fantastiques progrès ont été accomplis. Mais c’est aussi, peut-être, en étudiant comment agissent les médicaments, actuellement à notre disposition, que nous découvrirons les mécanismes intimes de la cancérisation. Là encore, Claude Bernard aura eu raison (voir plus haut).

Mais c’est aussi pour d’autres raisons que navelbine et taxotère représentent des exemples, hélas trop rares puisqu’ils sont uniques.

La navelbine a été développée en coopération avec les Laboratoires Pierre Fabre ; le taxotère l’a été en coopération avec les Laboratoires Rhône-Poulenc Rorer. Ce sont deux succès thérapeutiques, bien sûr ; mais ce sont aussi deux succès dans d’autres domaines : la collaboration, au coude à coude, entre la recherche publique (notre Laboratoire propre du CNRS) et l’industrie a été essentielle dans ces succès. Au plan commercial, l’ensemble des deux médicaments représente près de 5 milliards de francs par an. La navelbine est le premier produit du groupe Pierre Fabre ; le taxotère le second du groupe Rhône-Poulenc. Il n’est pas si fréquent, non plus, de constater le succès mondial de médicaments d’origine française.

En conclusion, je pense qu’il faut amplifier le mieux possible les splendides résultats obtenus récemment en biologie et en chimie structurale appliquée à la biologie ; dans le domaine de la "génomique" certes mais sans oublier que l’expression du génome est souvent rétrocontrôlée par de petites molécules.
Et, qu’enfin, il faut poursuivre sans relâche l’inventaire du "Magasin du Père Bon Dieu" car il n’est, à l’heure actuelle, effectué qu’à 10 % environ. Il y a encore de beaux jours pour cette recherche qui mènera non seulement à des médicaments nouveaux mais, de là, à la compréhension du fonctionnement des organismes vivants.


Produits naturels anticancéreux La Navelbine® et le Taxotère® Daniel Guénard, Françoise Guéritte et Pierre Potier l’actualité chimique - avril-mai 2003

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La Navelbine et le Taxotère

Hommage à la mémoire du grand chimiste et pharmacien Pierre Potier (22 août 1934 – 3 février 2006) à la Maison de la Chimie Vendredi 12 mai 2006

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Journée d’hommages à P. Potier à la Maison de la Chimie (2006)

Hommages

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Maurice Tubiana, Claude Bohuon, Luis Castedo, Christiane Poupat, Stéphane Quideau
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Jean-Claude Bernier, L’actualité chimique
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Gilbert Schorsch, L’actualité chimique
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Muriel Le Roux
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Bernard BIGOT Président de la Fondation de la Maison de la Chimie
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Hommage de S. Mouchet
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HOMMAGE CNRS
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La saga de la chimie moderne
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Hommage de Géraldine Véron
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Hommage de François LAVELLE (Rhône-Poulenc-Rorer)

voir aussi : Rayonnement du CNRS

Confessions de P. Potier et G. Ourisson

Images et paroles de P. Potier et G. Ourisson

P. Potier et G. Ourisson

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Conversation chemin faisant

Vulgarisation des découvertes de l’ICSN

Source


Visite guidée de l’ICSN, du Muséum d’Histoire Naturelle et de la Maison de la Chimie par Pierre Potier (1998)

ICSN Gif Muséum Histoire Naturelle Maison de la Chimie

La chanson de PP par Jamal Ouazzani

P.POTIER

© Jamal Ouazzani
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A propos de la médaille d’or du CNRS et des nombreuses distinctions reçues par P. Potier

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Médaille d’or : autobiographie, Lettre des Sciences Chimiques
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Prix Raymond Bourgine
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Médaille d’or_Livret

La médaille Pierre Potier

Côté pile Côté face

Le Prix Pierre Potier

Le prix Pierre Potier est le prix de l’innovation de la chimie en faveur du développement durable.

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A propos du prix P. Potier 2006

Prix scientifique et technologique Pierre POTIER

Les Innovations récentes ou en cours de réalisation sont récompensées dans les domaines suivants :

- la conception, fabrication et commercialisation de produits propres plus respectueux de l’environnement. Parmi ces produits seront particulièrement retenus ceux qui font partie de la vie quotidienne ;

- l’utilisation raisonnée des ressources renouvelables au service de procédés chimiques soit en utilisation directe soit à l’occasion d’autres usages ;

- la création d’entreprises dont les technologies relèvent des principes de la chimie verte ;

- des projets destinés à l’amélioration de l’environnement grâce à l’utilisation des technologies et produits de la chimie.

Remise du prix Pierre Potier 2012

Remise du prix Pierre Potier 2013

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Prix_Potier_10_septembre_2013

L’Institut Pierre Potier à Toulouse

En 2009 l’Institut des Technologies Avancées en Sciences du Vivant de Toulouse a été baptisé du nom de Pierre Potier précurseur de la collaboration entre public et privé. Cet institut est un élément-clé du Cancéropôle.

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- Cet évènement a été relaté dans un numéro spécial de la Dépêche du Midi du 21 novembre 2009.

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- Un article dans la Dépêche du Midi du 3 septembre 2013 mentionne une découverte importante faite dans cet Institut.

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mardi 24 mai 2016

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