Marti Guillaume

Publié le mardi  9 février 2016

par  Boivin Jean
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Demain, c’est la rentrée ...

Guillaume MARTI martiguillaume@yahoo.fr

Demain, c’est la rentrée, mais pas n’importe laquelle, car cette fois j’ai le droit de me garer dans le parking des profs !
Il y a 5 ans maintenant, je passais ma thèse en phytochimie à l’ICSN après trois ans au sein du laboratoire Pôle Substances Naturelles dirigé par Françoise Guéritte. J’avais en effet réussi à convaincre l’équipe de me financer sur un projet d’exploration de la chimiodiversité des forêts tropicales de Guyane française.
Mais pour atteindre ce « Graal », une seule et dernière étape restait à franchir : un entretien dans le bureau du directeur de l’institut. En arrivant dans les locaux du Pr. J-Y Lallemand, je n’en menais pas large ... Mon CV était étalé sur son bureau et il semblait« ébloui » par mon parcours. Il faut dire qu’un Master sur l’ile de la Réunion suivi d’un M2 en Guadeloupe et d’un volontariat civil en Guyane mérite une lecture équipée de lunettes de soleil, qu’il n’avait visiblement pas à portée de main. Au lieu de quoi, il inclina légèrement la tête pour me regarder droit dans les yeux au-dessus de ses lunettes de vue, geste impressionnant pour le jeune étudiant que j’étais et que je vais m’empresser d’imiter en tant que futur prof. Il me signifia que mon parcours était pour le moins original, m’avertit sagement que je n’aurai plus besoin de crème solaire à Gif-sur-Yvette et m’incita surtout à publier un maximum durant mon passage à l’institut et conclut l’entretien en me souhaitant bonne chance...
Franchement, ces trois années de thèse ont été un régal, au milieu d’une équipe de filles superbes, et entouré par des encadrants très sympas et compétents. Je retiendrais aussi la capacité de l’institut à offrir énormément d’opportunités tant sur le plan technique que scientifique ... des extractions optimisées chez Jamal Ouazanni, de la modélisation moléculaire chez Marie-Elise Tran, de la RMN de produits complexes avec l’aide de Marie-Thérèse Martin, ou encore de la cristallographie avec Pascal Retailleau et un peu d ’hémisynthèse avec Bernard Delpech, le tout dans un rayon de 200 mètres autour de la paillasse. Un véritable écosystème pour les jeunes pousses que nous étions, qui m’a permis d’honorer mes engagements de publications et de passer ma thèse sans trop de soucis ... Sauf peut-être au moment où j’ai parlé de dichroïsme sexulaire en pleine présentation de mes travaux, nouveau concept que j’ai inventé suite à une période d’apéros un peu chargés. Car l’institut c’était aussi les potes, le CEl, les pots de thèses et tout ce qui forme la jeunesse.
J’ai tourné la page de ma thèse pour partir habiter au milieu des vaches et faire un post-doctorat à l’Université de Pharmacie de Genève, en Suisse. Là-bas, il faut savoir que les couloirs de la faculté sont en marbre, les chasses d’eau sont toutes automatiques et les instruments de travail au top, bref des conditions idéales pour un post-doc. Le fonctionnement est cependant un peu particulier étant donné que l’essentiel des financements vient de l’état fédéral. Les post-docs et doctorants doivent assurer en retour un certain nombre d’heures d’enseignements qui équivaut au tiers de l’année. Parti pour 2 ans de post-doctorat en métabolomique dans l’équipe du Pr. Jean-Luc Wolfender, j’y suis finalement resté plus de 4 ans pour une cure intensive de gruyère, neige et chocolat. Ce fut une expérience très enrichissante, car complémentaire de celle vécue en thèse et je conseille vivement aux doctorants de diversifier un minimum leurs activités et compétences post-thèse.
Quelques publications plus tard dont deux nouvelles dans mon livret de famille, me voilà dans un bureau de l’université Paul Sabatier sous le soleil radieux de Toulouse, à peaufiner mes cours en vue de l’arrivée imminente des étudiants pour ma première rentrée à côté du tableau.
Départ de l’ICSN : 2009


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