Ratremaniaina Zo Andriamialisoa

Publié le mardi  25 novembre 2014

par  Boivin Jean
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Zo nous a quittés
Ratremaniaina Zo Andriamialisoa (Zo pour tout le monde) est arrivé de Madagascar à l’ICSN dans mon équipe en octobre 1974 pour préparer un DEA, puis sa thèse.
Pendant ses premières vacances, il a fait un tour de France… à mobylette, histoire de découvrir, de près, son pays d’adoption, en particulier les produits du terroir (comme le cassoulet) et, en bon vivant, les vins qui vont avec. C’est d’ailleurs toujours lui qui battait le rappel à midi pour le départ groupé vers la cantine !
Tous ceux qui l’ont connu ont été frappés par son exceptionnelle vivacité dans tous les domaines, par sa gentillesse, sa joie de vivre et sa bonne humeur.
Sous une allure « à la cool », coiffure afro, foulards colorés et boucles d’oreilles…, il était un grand travailleur, un expérimentateur hors pair, sachant mettre ses solides connaissances en pratique pour vérifier une idée, hyperactif pour satisfaire sa curiosité d’esprit. Pour résumer en deux mots, c’était un vrai chercheur.
Sa thèse, soutenue en 1978, portait sur l’étude chimique et les hémisynthèses d’alcaloïdes du Catharanthus ovalis Mgf., une pervenche de Madagascar contenant des alcaloïdes bis-indoliques antitumoraux du type de la vinblastine.
L’expérience acquise dans ce domaine lui a permis, entre autres, de jouer un rôle très important dans la découverte de la Navelbine puisqu’il a mis au point la méthode d’hémisynthèse utilisée ensuite dans la fabrication industrielle de ce médicament. Ce premier antitumoral français agréé aux USA a été développé par les laboratoires Pierre Fabre pour le traitement du cancer du poumon non à petites cellules (NSCLC) et le cancer du sein métastatique et plusieurs millions de malades ont pu en bénéficier. Zo a poursuivi ses recherches, en particulier, par une synthèse totale de la vindoline, le plus complexe des deux constituants de ces alcaloïdes bis-indoliques antitumoraux, avec ses 6 centres asymétriques à contrôler. Zo a donc contribué largement à la renommée internationale de l’ICSN.
Pour accélérer encore la cadence des résultats, il n’avait pas son pareil pour tirer le maximum de renseignements du premier appareil de RMN à haut champ (400 MHz), prototype construit à Orsay par S. K. Kan et son équipe, sur lequel il aimait pianoter à toute vitesse. Zo mettait aussi cette dextérité au service de tous et la liasse de spectres qu’il rapportait d’Orsay était attendue avec impatience.
En 2004, Zo a eu un accident qui a laissé parfaitement intacte sa remarquable vivacité intellectuelle mais l’a lourdement handicapé, et depuis, il ne pouvait plus pianoter sur son ordinateur qu’avec beaucoup de difficultés et avec un seul doigt, mais en gardant le sourire et en blaguant, grâce au dévouement de sa femme, Nicole, et à ses deux enfants.
Très fatigué, son coeur a lâché brutalement le 29 septembre dernier.
Il restera présent dans nos mémoires avec son grand sourire.

©Photo N. Langlois
Nicole Langlois
Gif-sur-Yvette, le 6 octobre 2014


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mardi 24 mai 2016

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