Picot André

Publié le jeudi  3 septembre 2009
Mis à jour le mardi  31 mars 2015 à 14h44min
par  Boivin Jean
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Prof. André PICOT

Toxico-chimiste, Docteur ès Sciences Physiques (Paris) et Ingénieur chimiste du
CNAM (Paris). A occupé les postes de chimiste organicien au Centre de
Recherche de Loussel-Uclaf (Romainville). Spécialité : stéroïdes (hormones
corticoïdes, oestrogènes …) ; Ingénieur de Recherche, puis Chercheur au CNRS
(Directeur de Recherche) à l’Institut de Chimie des Substances Naturelles (Gif
s/Yvette, France) ; Directeur de l’Unité de Prévention du Risque Chimique du
CNRS (Gif s/Yvette, France).
Expert français auprès du Comité d’experts scientifiques sur la Surveillance des
Atmosphères du Travail, de la Communauté européenne (DGV) Luxembourg.
Co-responsable scientifique de l’Enseignement de Toxicologie Fondamentale
Industrielle et Environnementale (Association Toxicologie – CNAM, Paris).
Président de l’Association Toxicologie-CNAM ( Paris).
Actuellement, Directeur Honoraire au CNRS de Gif s/Yvette et Professeur
d’Université. Il enseigne dans les formations en Toxicologie Fondamentale et
Appliquée, DNAM, IMIE, en Pharmacologie et Toxicologie fondamentales, ainsi
que sur les risques chimiques.
Auteur de nombreuses publications scientifiques et de deux ouvrages en
toxicochimie.

[Lien-Association Toxicologie-chime->http://atctoxicologie.free.fr/index.php?page=presentat


A propos de l’accident "Lubrizol" en janvier 2013

Une étrange odeur de gaz a inquiété de nombreux habitants en Haute-Normandie et en Ile-de-France, dans la nuit du 21 au 22 janvier 2013. En cause, des émanations accidentelles provenant d’une usine chimique de Rouen, et senties jusqu’à Paris.

Poussée par les vents, cette odeur, encore perçue à l’aube le 22 janvier 2013, dans les rues de Paris, a provoqué une telle inquiétude que des centaines d’appels ont été reçus par les services de secours, 18 et 112, qui ont très vite été saturés, en Normandie comme en Ile-de-France.

C’est une réaction chimique imprévue, produite dans l’entreprise Lubrizol, tôt dans la matinée du 21 janvier 2013, qui est à l’origine des émanations de ce gaz nauséabond.

Ce gaz, le mercaptan (ou méthanethiol), est couramment utilisé comme "marqueur olfactif" pour le gaz de ville, qui lui est inodore, afin de repérer les fuites et prévenir ainsi les accidents. Il est produit à l’état naturel lorsque les matières organiques se décomposent, dans les marais, les égouts et même lors de la digestion, il dégage une "odeur caractéristique" de putréfaction "qui est ressentie par les individus à de très faibles concentrations". "Malgré une accoutumance de l’odorat, ceci permet souvent de prévenir les accidents", souligne l’INRS, organisme de référence dans la prévention des risques professionnels .

Le ministère de l’Intérieur a indiqué que le méthanethiol était présent à "un seuil de concentration très faible" et qu’il "ne présente pas de risques pour la santé".

Le méthanethiol est cependant un produit classé officiellement comme "toxique par inhalation" et "dangereux pour l’environnement".

Selon l’INRS, des cas d’intoxication aiguë ont été rapportés chez des travailleurs directement exposés à l’inhalation de méthanethiol, se traduisant par une irritation pulmonaire, des nausées, des vomissements et diarrhées, voire des troubles de conscience et de la respiration pour les plus graves.

Voir la fiche technique de l’INRS :

PDF - 258 ko
Méthanethiol, Ethanethiol et 1-Butanethiol

"Il y a quelque chose en plus"

Directeur honoraire au CNRS, le toxicochimiste André Picot a, dans une interview publiée sur le site du NouvelObs.com, révélé que "la thèse officielle actuelle est chimiquement non recevable". Il explique que dans l’accident survenu à l’usine Lubrizol de Rouen, "la réaction chimique qui a provoqué les émanations de fumées est impossible sans un solvant, dont les autorités ne font jamais mention."
Joint par téléphone par la rédaction de France 3 Haute-Normandie, le professeur Picot a précisé à Jean-Paul Lussault que le produit qui sortait de la cheminée de Lubrizol contient une liaison carbone-soufre. Ce qui veut dire que dans ce mélange réactionnel il y a autre chose que les produits déclarés par les autorités, sans doute un solvant.
Plus grave : il craint que l’accident a été à l’origine d’une émanation d’Hydrogène sulfuré, le même gaz qui, lors de la fermentation des algues vertes en Bretagne, a tué un camionneur, deux chiens et un cheval. Toujours selon lui, ces concentrations toxiques - certes diluées - ont été bien plus incommodantes pour la population qu’il n’a été reconnu officiellement.


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mardi 24 mai 2016

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