Zissmann Elise

Publié le mardi  6 septembre 2011
Mis à jour le mercredi  30 septembre 2015 à 14h54min
par  Boivin Jean
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Décès d’Élise Zissmann,

C’est avec beaucoup de tristesse et d’émotion que nous avons appris, très tardivement, la mort, en août dernier, d’Élise Zissmann. Pour toutes celles et ceux qui l’ont connue et/ou qui ont travaillé avec elle, c’est "Zézette" qui disparaît.
Après les années sombres pendant lesquelles, repliée dans le Sud-Ouest, elle avait dû vivre « discrètement », elle était entrée à l’Institut Fournier comme pharmacienne dans le laboratoire de Mademoiselle le Professeur Jeanne Lévy, au Contrôle des Médicaments antivénériens. Elle y prépara une thèse avec le soutien des chimistes du lieu (équipe de Bianca Tchoubar), puis fut recrutée au CNRS comme Ingénieur de Recherche à Montpellier (Professeur Guastalla) : mais elle ne s’y plut pas et revint à Paris ou plutôt à Gif.
Présentée au Professeur E. Lederer, l’un des deux Directeurs de l’ICSN, par Bianca Tchoubar qui s’était installée à l’Institut dès son ouverture (1960), Elise Zissmann créa le laboratoire de microbiologie qu’elle devait diriger jusqu’à sa cessation d’activité en 1977.
Zézette, fumeuse invétérée et automobiliste « énergique », était une scientifique exigeante, une syndicaliste critique qui parlait haut et fort et fut élue au Comité National. Elle était aussi une mélomane avertie qui ne se contenta pas d’être responsable de la discothèque du CAES pendant de longues années mais organisa aussi des soirées de concert à l’amphithéâtre de l’ ICSN.
Zézette disparaît à 91 ans. Il y a environ deux ans et, pour la première fois, après une chute qui l’avait fortement « choquée », elle affirmait : « je suis devenue vieille ... ». Un exemple à méditer ?!

Christiane POUPAT et Claudine SERVY, septembre 2011
(avec l’aide, pour la chronologie, de Michèle BEUGELMANS)


HOMMAGE À ÉLISE ZISSMANN

Mademoiselle Zissmann nous a quittés. Pour tout le monde, c’était "Zézette" ! Mais, devant elle, c’était du respectueux : "Mademoiselle Zissmann".
Je ne saurais parler de Mademoiselle Zissmann, de ses activités pendant la Seconde Guerre Mondiale et de son engagement actif dans la Résistance, de sa vie professionnelle ; d’autres le feront mieux que moi, mais j’aimerais seulement rapporter quelques petits souvenirs de nos activités syndicales et sociales communes entre les années 70 et 80.
C’est à elle que, nouveau venu dans l’Institut, j’ai exprimé mon désir de rejoindre son syndicat. Tout de suite, en retirant son fume-cigarettes de ses lèvres, elle me dit "mon petit coco, faudrait peut-être attendre que votre stage soit terminé ; pour le moment, il n’en est pas question !".

Bon ! Je me suis dit que cette femme devait avoir un sacré caractère.

Et puis, mon activité syndicale put commencer, et avec la "camarade" Zissmann, ce ne fut pas toujours de tout repos.
Une anecdote pour illustrer ce propos : on lui apporte un jour un texte à lire avant le tirage, mais en ajoutant, gênés et presque à voix basse, que, déjà tapé à la machine à écrire sur stencil (les anciens savent de quoi il est question), cela serait bien qu’elle n’y trouve, si possible, rien à corriger. Peine perdue, ce texte termina son existence, sans être lu, dans la corbeille à papier.
Là aussi, en retirant son fume-cigarettes de ses lèvres, elle avait commencé sa phrase par : "mes petits cocos, si ... " C’était évidemment mal parti, et, de plus, deux ou trois heures de travail perdues.

Mais bon, nous savions que Mademoiselle Zissmann avait ... du caractère !

Dans un tout autre registre, ses relations très particulières avec les pédales de ses automobiles nous faisaient sourire.
Ma sensibilité "mécanistique" ne pouvant supporter les hurlements de ses embrayages, j’ai bien essayé de lui dire qu’elle pourrait peut-être ... heu ... un peu moins ... heu ...
Là aussi, en retirant son fume-cigarettes, "mon petit coco, si ... ", et ses embrayages continuèrent de gémir !

Mademoiselle Zissmann avait vraiment ... du caractère !

Elle avait aussi, entre autres, une passion : la musique classique. Elle participa donc, naturellement et très activement, à la vie de la discothèque du CAES de Gif et ce, durant encore de longues années, après son départ à la retraite. C’est elle qui, en grande partie, a choisi cette excellente sélection d’œuvres classiques que l’on peut toujours emprunter.

Pour tout ce travail bénévole, merci, Mademoiselle Zissmann.

Durant toutes ses années gifoises, elle nous a donné l’exemple, en maintes occasions, de la rigueur, de la ténacité, du courage pour défendre, becs et ongles, ses convictions.

Et, là encore, merci, Mademoiselle Zissmann.

Jean-Claude MASSOT


Sa nièce nous parle d’elle...

Chers anciens collègues de ma tante et auteurs des articles que je découvre aujourd’hui, en 2015...
Je suis vraiment désolée que vous n’ayez pas été informés de son décès en 2003. J’habite Genève et ce n’est pas moi qui me suis occupée des préparatifs de son enterrement. Merci à tous pour vos descriptions si fidèles, Zette avait du caractère et un sacré !
Elle défendait avec force ses convictions et ses valeurs. Lorsque en 2002 la question de "choisir" entre J-M Lepen et J.Chirac s’est posée, son ascenseur était en panne. Elle avait 90 ans ! Elle a descendu ses 7 étages et les a courageusement remontés après avoir fait son devoir de citoyenne le cœur lourd...
Je suis en train d’écrire l’histoire de notre famille et c’est en tapant le nom d’un cousin que je suis tombée sur la photo que vous aviez mise, puis sur vos articles. Le temps a passé, Zette trouvera sa place, une belle place, dans l’histoire familiale.
Merci encore à tous, et encore désolée de ne pas vous avoir informés.

Très cordialement,

Marine Shiméona Barrot


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mardi 24 mai 2016

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