Felkin Hugh

Publié le lundi  31 août 2009
Mis à jour le mardi  25 mars 2014 à 14h17min
par  Boivin Jean
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Hugh Felkin nous a quittés le 9 novembre 2001
par Marc Cherest, Bernard Meunier, Gérard Swierczewski

Hugh Felkin a été une des très fortes personnalités scientifiques de la chimie en France de 1960 à 1990. Citoyen britannique, né à Neuilly le 18 janvier 1922, Hugh Felkin a effectué ses études primaires et secondaires en Angleterre et a obtenu une licence de chimie à Genève en 1944. Il est entré au CNRS en 1947 comme attaché de recherche dans l’équipe de Bianca Tchoubar, au sein du laboratoire de Jeanne Lévy de la Faculté de Médecine de Paris. Dès le début, ses recherches ont porté sur l’étude des mécanismes réactionnels et la stéréochimie (mécanisme des transpositions pinacoliques, stéréochimie de la réaction de désamination nitreuse...). Il a obtenu son doctorat en 1954 et le Prix Le Bel de la SFC en 1955 (avec Irène Elphimoff-Felkin). Chargé de recherche en 1955, maître de recherche en 1959, la commission du CNIRS lui suggère trois ans plus tard de rédiger ses titres et travaux afin de le nommer directeur de recherche. Un peu plus tard, il devient donc directeur de recherche de classe exceptionnelle.
De 1958 à 1970, ses recherches ont été focalisées sur la participation de doubles liaisons dans les solvolyses et la stéréochimie des réactions d’addition sur la fonction carbonyle. Ces derniers travaux font maintenant autorité dans les livres classiques de chimie organique sous le nom des règles de Felkin-Anh, Nguyen Trong Anh et Odile Eisenstein ayant apporté l’argumentation de ces règles de stéréochimie en termes d’orbitales frontières en 1973-1975.
À partir de 1965-1968, à l’Institut de Chimie des Substances Naturelles à Gif-sur-Yvette, Hugh Felkin, l’organicien, va ajouter à son champ d’action l’activation des réactifs de Grignard par les complexes du nickel. Ces travaux menés souvent avec la complicité intellectuelle de Malcolm Green, brillant jeune inorganicien de l’université d’Oxford, vont largement contribuer au développement de la catalyse par les métaux de transition en synthèse organique en France. Il sera l’organisateur d’un des premiers congrès internationaux sur ce thème en 1975 à Saint-Raphaël. Dans la dernière partie de son parcours scientifique, il se consacrera à la préparation des inorganomagnésiens et à l’activation des alcanes à l’aide de complexes du rhodium et d l’iridium.
Avec peu de chercheurs et un nombre de publications qui serait maintenant considéré comme faible, il a réellement marqué son époque. Ses interventions dans les congrès scientifiques étaient autant redoutables que redoutées, mais elles ont largement contribué, avec celles de quelques collègues de sa génération, à améliorer le niveau de la recherche française en chimie.

Son activité de chercheur, exercée avec une haute rigueur scientifique et une grande indépendance d’esprit, a marqué une époque de la recherche fondamentale en chimie. Ceux qui ont eu la chance de travailler avec lui se souviennent de sa passion pour la recherche.

L’Actualité Chimique N°249 janvier 2002, Page 44


Hugh Felkin
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Hugh Felkin (1922 – 2001) was a research chemist in France from 1950 to 1990 and a member of the British Royal Society for Chemistry.

In 1967, he proposed a model to predict the stereochemical outcome of the addition of nucleophiles to carbonylic compounds. This model (now known as the Felkin-Anh model) differs slightly from the Cram’s rule and it’s one of the most accepted rules to predict the outcome of these reactions.

Born in England on the 18th January 1922, he spent the second world war years in Switzerland studying chemistry. At that time the requirements for a degree were "to show sufficient knowledge in chemistry".

After completing his studies, he went to France to work for the CNRS. In France he met Irene, born Elphimoff, also a research chemist, who became his wife. They had one daughter, Mary, born in 1962.

He was a member of the communist party until the communist coup in Prague in 1948. After this disappointment, his sympathies still firmly inclined towards the left, he read "Le Monde" without which he used to say he didn’t know what to think. "Je suis anti-sioniste mais je n’arrive pas a etre pro-arabe" was another of his usual sayings.

Hugh Felkin was a quiet and friendly man, who could become icily sarcastic when roused. He enjoyed travelling, good food, and good whisky in moderation.


Hugh Felkin (1922–2001) était chercheur en chimie en France de 1950 à 1990 et membre de la Royal Society for Chemistry britannique. Né en Angleterre le 18 janvier 1922, il a passé la deuxième guerre mondiale en Suisse à faire des études de chimie. A cette époque, les exigences pour obtenir un diplôme ont été "avoir une connaissance suffisante de la chimie". Après avoir terminé ses études, il est allé en France pour travailler au CNRS. En France, il rencontra Irène, née Elphimoff, également chimiste, qui devint sa femme. Ils eurent une fille, Marie, née en 1962.

En 1967, il propose un modèle de prédiction de la stéréochimie de l’addition des nucléophiles aux composés carbonylés. Ce modèle, après modification par Anh est connu comme le modèle Felkin-Anh. Il apporte une nuance à la règle de Cram, et est considéré aujourd’hui comme l’un des modèles les plus fiables pour la prédiction de ces réactions.

Il a terminé sa carrière en tant que Directeur de Recherche à l’Institut de Chimie des Substances Naturelles à Gif-sur-Yvette. Son laboratoire était assez porté sur la chimie organométallique, avec une spécialisation dans la chimie du rhénium. On peut citer des personnalités scientifiques issues de son équipe telles que Bernard Meunier, Stephen G. Davies et Bob Crabtree.

Il était membre du parti communiste jusqu’au coup d’État de Prague en 1948. Malgré cette déception, il resta toujours sympathisant de Gauche. Il lisait « Le Monde », "son journal de classe" sans lequel il disait qu’il ne savait pas quoi penser. "Je suis anti-sioniste mais je n’arrive pas à être pro-arabe » et "il ne s’agit pas de croire, il s’agit de savoir (saint augustin)" furent deux de ses phrases habituelles.

Dans l’ordre, Claude Frajerman, Claude Lion, Solange Donsteter-Guinguard, Bianca Tchoubar, Hugh Felkin, Irène Felkin et (de dos) Gayle Berges-1967



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